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Art et Culture, Environnement et Agriculture, Santé et Droits de l'Homme. Bienvenu!

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  • 07/12/16--06:40: Une enfance à Pitoa
  • Roman.  Avec « Les imparfaits », Clément Dili Palaï rend hommage à Pierre Jacquet l’ancien directeur de l’école Pilote de ce village.

    Ils sont nombreux les romanciers qui ont écrit sur leur enfance. Aujourd’hui considéré comme  un classique de la littérature africaine, « L’enfant noir » du guinéen Camara Laye en est la parfaite illustration. Plus près de nous, Calixte Beyala raconte sa jeunesse à Kassalafam  un bidonville de Douala dans « La petite fille du réverbère ».  Avec  « Les imparfaits » publié cette année aux éditions Clé, Clément Dili Palaï, leur emboîte le pas.  L’écrivain  nous livre un pan de son enfance. Celle passée à l’école primaire  pilote de Pitoa  dans la région du  Nord. Le récit se déroule dans les années 78. A cette époque, l’école Pilote de Pitoa jouit d’une considération pareille à celle du collège Vogt aujourd’hui. Les élèves sont admis par concours. Et c’est naturellement qu’on y retrouve les meilleurs de la région.

    Aujourd’hui, nombre d’anciens élèves de l’école Pilote de Pitoa occupent d’ailleurs des postes de responsabilité dans l’administration publique. Parmi ces  anciens « pilotiens » ont peu cité : Amadou Ali, le vice-premier ministre chargée des relations avec les assemblées, Oumarou Bouba, le recteur de l’université de Yaoundé 1 et Alamine Ousmane Mey l’actuel ministre des Finances.
    Certains passages du livre sont particulières drôle. Clément Dili Palaï raconte avec beaucoup d’émotion, son initiation à l’anglais à travers le livre « Living Together », ses difficultés à conjuguer les verbes aux imparfaits et sa découverte du cinéma à travers le film « Orfeu Negro » de Marcel Camus. 


    Sous sa plume, apparaît le portrait du français Pierre Jacquet alors directeur de l’école Pilote de Pitoa et figure emblématique de ses instituteurs d’antan dont l’unique souci était la formation des enfants à lui confié. « L dernière fois que j’ai vu Jacquet, c’était en 1989. A Garoua. [….]. Ce fût un jour mémorable pour moi. Depuis mon départ de l’école Pilote, je n’avais jamais imaginé que je reverrais le père bâtisseur de nos consciences et de notre avenir. J’étais très ému», écrit Clement Dili Palaï. Mais ces quatre années à l’école pilote de Pitoa ne furent pas seulement celles des études et des jeux. En janvier 1982, le romancier perd son camarade Mamoudou Alhadji  dit Maliki décédé  d’un cancer de la gorge. L’émotion est encore vive chez l’auteur lorsqu’il écrit sur cet ami « parti trop tôt ».

    Ecrit à la première personne du singulier, « Les imparfaits » est un témoignage d’une époque aujourd’hui révolue. L’auteur récrée avec beaucoup de réalisme, ce que devait être la vie d’un petit écolier du Nord sous l’ère du président Ahmadou Ahidjo.  Fait de phrases courtes, le style de Clément Dili Palaï est clair et concis. Mais  les textes ne sont pas romancés. L’oralité domine en effet dans la plupart des passages qui doivent être dit plutôt que lus. En fait, Clément Dili Palaï  qui est par ailleurs professeur de littérature africaine à l’université de N’Gaoundéré propose ici un écriture plus technique que littéraire. Ce qui n’enlève rien à la beauté de ce  roman à lire pour se réconcilier avec l’enfant qu’on a été.
    Elsa Kane Njiale

    Clément Dili Palaï
    Les imparfaits
    Editions Clé, 129 pages
    Juin 2012

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    « Fils de Prélat » inscrit au programme scolaire au Gabon

    Education.Le roman du camerounais Armand Claude Abanda sera étudié par les élèves de seconde de ce pays.  

     Théophile Maganga, directeur de l’Institut pédagogique national du Gabon a séjourné  au Cameroun. Le 20 juillet, une séance de travail regroupant Armand Claude Abanda et des responsables gabonais et camerounais, s’est tenue au  ministère des Arts et de la culture (Minac).
    « Ma mission était de rencontrer l’éditeur pour qu’il mette en place les conditions nécessaires pour faciliter l’accès du livre aux élèves. Le système éducatif gabonais, est ouvert à  l’international à ceux qui ont de bons produits et qui nous les proposent. Ces produits sont analysés, revus et nous faisons des propositions à l’auteur et à son éditeur pour qu’ils soientt conforme aux normes du système éducatif gabonais. Ça été le cas avec Armand Claude Abanda, qui a demandé que son livre soit analysé », a expliqué Théophile Maganga. Selon le directeur de l’Institut pédagogique national gabonais, « Fils de prélat » est de bonne facture. 
    Le livre est sorti en 2005 aux éditions Clé. Armand Claude Abanda l’a rédigé en 1986, alors qu’il n’était qu’un lycéen amoureux de belles lettres. Le personnage principal est Eric-Le-Bon-Samaritain. Fils unique d’une mère célibataire, il rêve de rencontrer son père dont il ne sait rien. Face au mutisme de sa mère, le héros décide d’aller à la recherche de ce père inconnu. Sa quête le conduit sur les pas d’un influent homme d’église, le Mgr Erico Kamga. Mais l’histoire est loin de s’arrêter là. Autour d’Eric-Le-Bon-Samaritain gravitent plusieurs autres personnages aux histoires souvent tragiques.
    « Le thème central est pertinent. Il s’agit de la maternité précoce et nous connaissons ce phénomène-là. Le livre a aussi  des thèmes sous-jacents : les familles monoparentales, la délinquance juvénile et l’argent facile. C’est autant d’éveil pour les jeunes ; il présente les situations des pays émergents au-delà même du Gabon et du Cameroun. Nous encourageons tous les jeunes qui sont capables d’écrire non seulement la littérature, mais qui peuvent aussi faire des ouvrages pédagogiques,  de se vendre ! Nous sommes ouverts », ajoute Théophile Maganga.
    Une relation étroite lie Armand Claude Abanda au Gabon. Sitôt ses études secondaires achevées, le jeune Abanda s’envole pour le pays d’Ali Bongo. Il étudie l’informatique. Dès son retour au Cameroun, il ouvre à Yaoundé une antenne de l’IAI qui s’impose très vite comme un des meilleurs établissements supérieurs du Cameroun.
    Officier de l’ordre de la valeur, il met en place des opérations de formation en informatique qui ciblent les jeunes, les femmes et les couches défavorisées. Un travail de fin manager reconnu à l’international  qui lui vaut de recevoir en 2015 en Afrique du Sud, « le prix du meilleur manager africain pour l’autonomisation des femmes ».
    Elsa Kane 

    « Le Gabon est ma seconde patrie »

    Armand Claude Abanda. Pour l’écrivain et directeur de l’IAI Cameroun, l’inscription de son livre au programme de ce pays est le fruit de la coopération sous-région al.



     Votre livre a été retenu au programme de la classe de seconde au Gabon. Comment avez-vous reçu cette nouvelle ?
    Bien évidemment, tout auteur qui reçoit une telle nouvelle ne peut qu’être content et fier. Et  Je suis vraiment, de ce point de vue, très heureux de cette décision de l’Institut pédagogique national du Gabon d’avoir validé un ouvrage camerounais qui va se retrouver dans le programme des classes de secondes  de l’enseignement général et technique. Je suis également heureux que je vienne après d’autres grands auteurs comme Léopold Ferdinand Oyono. Son livre « Une vie de boys » a été, il y a très longtemps, mis dans les programmes scolaires au Gabon. Je suis très heureux de suivre les traces de cet illustre aîné qui a fait la fierté de notre pays et de notre continent sur le plan de la littérature. Je voudrais également dire que c’est un exemple de coopération entre les pays de la sous-région et  c’est aussi l’expression de l’universalité de la connaissance, qui montre que ce qui est bon pour la culture gabonaise est bon pour la culture camerounaise et vice versa.
    L’ouvrage d’un Camerounais au Gabon et pas au Cameroun. Vous avez un lien particulier avec ce pays ?
     Le Gabon est pratiquement ma deuxième patrie. le chef d’Etat gabonais m’a fait ? il y a quelqueS années, chevalier  du mérite gabonais.  J’ai également reçu une autre médaille, celle de la médaille d’honneur et du travail parce que je suis fonctionnaire international recruté à l’IAI siège au Gabon.  J’ai étudié dans cette institution et travaillé là-bas. Au nom de  cela  et par rapport à tout ce que j’ai eu à faire à Libreville, l’Institution a demandé que je sois décoré, que je puisse avoir une médaille d’honneur et du travail. Que le Gabon choisisse mon ouvrage, c’est aussi comme si il choisissait l’ouvrage d’un de ses ressortissants. Et, je pense que c’est ça aussi l’exemplarité de la coopération et de l’intégration sous régionale  des peuples d’Afrique centrale. 

    Avez-vous engagé des démarches pour que votre livre soit également mis au programme scolaire au Cameroun ? 

     Des démarches ont été entreprises pour que « Fils de prélat » figure  dans les programmes du Cameroun. Les éditions Clé ont, je crois, plusieurs fois sollicité cela, mais bon… bien évidemment ce n’est pas à nous de prendre la décision. Je suis content que cela soit fait même si c’est dans un autre pays. Ça montre que le travail qui a été fait a peut-être atteint son objectif. Mais je serai heureux bien évidemment que cet ouvrage  figure aussi dans le programme scolaire de mon pays.

    Propos recueillis par Elsa Kane et Véronique Domga (stagiaire)


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    Ambassadrice de la FAO et présidente des organisations du secteur agricole comme la PAFO et le Forum des Agriculteurs panafricains, Elisabeth Atangana est sans doute, celle-là qui, incarne la lueur d’espoir pour de nombreux agriculteurs tant au Cameroun qu’à l’extérieur. Pour cette dame de caractère, entre ses activités quotidiennes et sa vie de fermière, il n’existe aucune entorse ; la preuve : elle s’exprime ici sans détour en donnant son avis tout  azimut, sur la question de l’agriculture qui lui est si chère.  




    Agricultrice il y a une trentaine d’années, vous êtes aujourd’hui Ambassadrice spéciale de la FAO et présidente de deux Institutions : la Plateforme panafricaine des Organisations (PAFO) et le Forum des Agriculteurs panafricains. Comment êtes-vous arrivée là ?



    Tout d’abord, je suis fille de paysan et tout ce que j’ai pu faire, c’est sur la base du résultat du travail des paysans et des paysannes. C’est par rapport à cela que j’ai pu décider de vouloir me consacrer à l’accompagnement des ruraux d’une manière générale et également, de faire le plaidoyer pour l’amélioration de l’environnement rural ceci, pour que leur travail soit moins pénible et qu’il y ait une juste rémunération à leurs efforts.




    La femme représente 60% sur les 70% de la population active de la sous-région Afrique Centrale, vivant de l’agriculture familiale. Est-ce à dire que les femmes sont bonnes pour les champs ?



    Dire que les femmes sont bonnes pour les champs, c’est comme si l’activité agricole était minorée. Or, c’est un métier comme tous les autres, malheureusement pas valorisé. Et ce métier a d’autant plus de valeur qu’il sert à nourrir la population. Il sert également à créer des revenus qui permettent aux gens de vivre, de subvenir à leurs besoins de santé, d’éducation, d’habitat et même la gestion des ressources dans leur environnement, dans leurs familles. C’est un métier qui mérite d’être reconnu. La femme rurale se retrouve notamment beaucoup plus dans le secteur de la production vivrière mais on la retrouve également dans le secteur de la production de rente puisque généralement, les plantations sont animées par les femmes et les enfants. C’est vrai que les richesses reviennent aux hommes mais la majorité du travail se fait avec les femmes. Dans la production vivrière, les femmes sont majoritaires parce qu’elles sont les premières qui s’occupent de l’alimentation des familles et donc, elles se retrouvent beaucoup plus nombreuses dans le secteur agricole.

    Comment sortir les femmes de la sous-région, de cette agriculture plus ou moins réductrice, celle de la subsistance et les faire rejoindre les grands projets agricoles ?
    Sortir la femme de l’agriculture de subsistance est notre lutte aujourd’hui. L’agriculture par le passé, n’a pas bénéficié de beaucoup d’investissements et c’est pour cela que l’on pense que l’agriculture familiale est réductrice tout simplement parce qu’elle n’a pas eu les mêmes capitaux que l’agriculture d’entreprise, si on peut l’appeler ainsi. Notre lutte aujourd’hui, consiste à accroitre les investissements pour améliorer la quantité et la qualité de production et qu’il y ait également une valeur ajoutée au travail que la femme réalise pour que cela puisse générer plus de revenus. C’est pour cela que nous nous investissons dans le plaidoyer visant l’accroissement des budgets nationaux pour accroître les investissements en direction de l’agriculture familiale. Il faut changer l’image de l’agriculture ; c’est là l’objet de notre lutte pour qu’elle cesse d’être une agriculture de subsistance mais plutôt, une agriculture d’entreprise qui permet un business où les gens peuvent gagner de l’argent et où les gens peuvent être respectés.




    Quel impact en tant que femme, impulsez-vous pour améliorer la condition de la femme rurale ? Par ailleurs, à quoi consiste votre travail au quotidien ?



    En tant que femme, j’ai une famille à ma charge. Je continu à travailler dans ma ferme parce que vous avez dit que je l’ai fait il y a 30 ans ; je continu à le faire et ça fera bientôt 36 ans. Je vis dans ma ferme. Elle est basée à Nkolmefou I sur la route de Nsimalen, à une trentaine de kilomètres de Yaoundé. Là-bas, je mène mes activités au quotidien. En dehors de ces activités qui me concernent personnellement, je m’investis dans l’accompagnement des groupes ; d’abord, les groupes de base qu’on a appelé au Cameroun, des Gic mais aujourd’hui, nous sommes dans la transformation en coopératives pour nous arrimer à la nouvelle loi de l’acte uniforme de l’Ohada relative au droit des affaires concernant les coopératives. A ce niveau là, j’accompagne les groupes à travers l’information, l’éducation et la sensibilisation. Je travaille avec une équipe pour élaborer des projets en destination de ces groupes pour améliorer leurs conditions de travail. Nous intervenons également au niveau national dans le but de renforcer les capacités des leaders des organisations pour qu’elles deviennent de véritables entreprises d’où l’option de la formation. Nous avons crée un centre de formation des jeunes entrepreneurs agricoles et dans ce centre, nous assurons la formation et l’insertion des jeunes dans le secteur agricole. Nous formons des femmes pour développer les capacités d’autonomisation et de développement entrepreneurial de ces dernières. Nous accompagnons des organisations paysannes pour le renforcement de leurs capacités institutionnelles ceci, pour qu’elles deviennent des outils qui rendent des services à la base. Grosso modo, mon travail se situe à trois niveaux : notamment à la base, au milieu c’est-à-dire, au niveau des organisations intermédiaires et enfin, au niveau de la sous-région Afrique Centrale où nous accompagnons les organisations nationales dans la mobilisation des ressources pour aider les gouvernements à intervenir dans le secteur agricole.



    L’agriculture camerounaise subit de plus en plus l’invasion des étrangers, des asiatiques pour la plupart qui, s’accaparent des terres arables au détriment des villageois. On a même assisté à de vives tensions. Comment palier ce problème ?

    C’est un secteur assez délicat. La terre est une ressource capitale pour les populations. C’est une question du ressort du gouvernement de la République du Cameroun.  Il faut  avoir une prospective dans la préservation des ressources nationales pour que les jeunes générations puissent également trouver des terres pour développer des emplois et des entreprises agricoles. Alors, c’est le lieu d’interpeller le gouvernement qu’au moment où il attribue des espaces à des Institutions qui peuvent développer des agro-business dans notre pays, qu’il ait le souci de la préservation des droits des communautés. Et c’est là que nous appelons à la transparence, appliquer les directives volontaires de la FAO dans le secteur foncier et appliquer également les directives du cadre de gestion foncière de l’Union africaine pour que ces attributions faites par les gouvernements se font dans le respect des droits humains. Ceci en pensant à la jeune génération qui aura besoin d’investir plus, d’investir mieux pour pouvoir vivre décemment dans le pays au lieu de s’expatrier pour aller travailler ailleurs. La gestion de la question foncière est très importante. A notre niveau, nous éduquons nos communautés à la sécurisation foncière, sécuriser par l’investissement. Nous faisons le plaidoyer en direction de l’Etat pour renforcer notre position. Il faut que les pays investissent pour mieux assurer la sécurité et la souveraineté alimentaires pour que nous ne soyons pas dépendants des autres qui viennent prendre ces terres et les valorisent à leurs profits. Ces terres devraient produire pour nourrir nos communautés et également, permettre l’allègement de la balance de paiement qui est déficitaire dans notre pays.


    Des agriculteurs affirment que les subventions agricoles se font à tête
    s chercheuses. Que faut-il faire pour obtenir des financements ?




    La question de financement est également capitale comme celle de la terre. Les gens ont la force du travail, ils se mettent ensemble, ils s’organisent mais sont souvent bloqués parce qu’ils n’ont pas assez de capital et c’est pour cela que nous pensons également que le soutien de l’Etat est et reste encore indispensable. Est-ce que les paysans accèdent aux financements ? Je dois dire qu’il y a des préalables, il faut une bonne organisation. A ce sujet, nous avons fait des avancées considérables. Ce qui est sûr, c’est que les résultats ne sont pas ceux que nous attendons toujours mais il y a quand même une évolution. Ce que nous conseillons aux communautés, c’est de s’organiser en coopératives parce que c’est la coopérative qui a la capacité de négociation avec l’Etat, les partenaires au développement et même les Ong. Sur ce point précis, je dirai qu’il y a beaucoup d’efforts à faire parce que ce n’est pas l’Etat qui structure, c’est les gens qui se mettent par eux-mêmes ensemble pour mettre en place les coopératives. Le rôle de l’Etat, c’est de canaliser cet effort pour que la coopérative se gère de manière professionnelle, de manière transparente, de manière démocratique et qu’elle puisse apporter des réponses adaptées aux membres. Il y a donc un besoin d’accompagnement de l’Etat à ce niveau là.

    Au fait, où en est-on par exemple avec le projet de la Banque agricole qui devrait être fonctionnelle depuis 2013 ?
    La Banque a été annoncée. Nous pensons qu’il est nécessaire que le gouvernement mette la banque en question sur pied parce que les systèmes de micro-financement qui existent, ne sont pas souvent adaptés au financement du secteur de l’agriculture, un secteur à risques et qui demande un type spécifique de financement pour répondre effectivement aux besoins des communautés. Nous souhaitons faire avancer le secteur agricole par le développement des ressources humaines, par le développement des équipements adaptés mais aussi, par la mobilisation des capitaux nécessaires pour la professionnalisation du secteur agricole. Nous comptons ainsi assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle mais aussi et surtout la souveraineté alimentaire. J’insiste dessus parce que nous pouvons utiliser les productions d’ailleurs mais nous ne devons pas être totalement dépendants des productions extérieures.

    Depuis quelques temps au Cameroun, on parle d’agriculture de seconde génération. Est-ce que cela peut justement permettre la sécurité alimentaire ?

    Le Président de la République a lancé le concept de l’agriculture de second
    e génération. Il est important pour tous les acteurs du domaine agricole (ministères, organisations paysannes, bailleurs de fonds…), de s’approprier ce concept. Aux seins de la Cenope et de la Propac, nous avons organisé une rencontre de réflexion en janvier 2014 pour effectivement nous accorder sur la conception de ce groupe de mots et sur l’harmonisation de sa compréhension. Nous avons pensé qu’il est important car, il est tout simplement besoin de sortir notre agriculture de la subsistance. Il est besoin de professionnaliser notre agriculture et il est question de développer des chaînes de valeur qui permettent de créer de la valeur ajoutée à nos productions et d’améliorer la balance de paiement en produisant par exemple, plus de produits d’exportation. En produisant par ailleurs plus et mieux des produits alimentaires pour que nous puissions nous-mêmes nous nourrir tout en créant des richesses pour transformer notre environnement et sortir de la pauvreté. Cela ne veut pas dire qu’on doit seulement s’occuper de ceux qui ont les grandes plantations. Les exploitations agricoles familiales doivent aussi bénéficier des investissements pour se transformer et devenir plus viables, plus rentables et créer des richesses. C’est cela que nous appelons agriculture de seconde génération.




    Si on revenait un peu à vous, le fait d’avoir été une agricultrice et aujourd’hui d’occuper de si hautes fonctions ne vous a pas un peu embourgeoisée ? Trouvez-vous encore du temps pour aller au champ ?

    J’aurai souhaité que vous soyez venus chez moi. De retour de mon dernier voyage, je suis allée dans mon champ pour y planter du haricot parce que la semence, il faut la renouveler. Lorsque nous allons pour transférer des innovations à l’extérieur parfois, nous avons besoin nous-mêmes, de les pratiquer au préalable parce que les  partager sans les avoir expérimenté, peut conduire à un éventuel échec. Ma ferme doit servir d’exemple. J’élève les porcs depuis 36 ans. Je produis de la banane pour recycler, nourrir mes porcs et vendre quelques-unes… Je produis du maïs, du haricot et des légumes dans ma ferme. Je continu à mener ma vie comme je l’ai toujours mené. Maintenant, est-ce que je me suis embourgeoisée ? Est-ce qu’il y a de l’argent que j’ai reçu, qui aurait pu m’embourgeoiser ? Non. Il y a certes de l’argent que nous recevons mais il est destiné aux projets. La production que j’ai chez moi dans ma ferme, me permet de vivre décemment.




    Pourquoi avoir fait le choix de militer dans ce domaine qui ne semble pas être le moins ardu ?
    C’est un domaine effectivement difficile qui nécessite d’abord la volonté mais aussi la vision. Je me suis engagée par vision parce que j’estime que le domaine agricole, c’est le domaine de demain. C’est le domaine qui peut promouvoir des emplois durables, c’est le domaine qui peut être sur la base d’une industrialisation qui peut permettre la transformation des produits agricoles et qui peut créer des emplois. C’est un domaine d’avenir. Lorsque nous allons dans les pays étrangers lors de nos voyages d’échanges, nous voyons que ce qui marche bien, c’est les restaurants, c’est la nourriture, c’est la boisson. Cette boisson vient généralement du maïs, du manioc, de la tomate etc. Le domaine de l’agriculture est un domaine prometteur. M’investir dedans, c’est contribuer à nourrir mon peuple, contribuer à créer des emplois, contribuer à la gestion durable de l’environnement.

    Propos recueillis par Elsa Kane Njiale  et Jean-Christophe Ongagna Olaga.



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    A travers le regard de 40 étudiants en agronomie, on découvre la dure réalité des exploitations familiales, les avantages et les inconvénients d’un modèle agricole universel.


     Les experts s’accordent pour dire que le concept « agriculture familiale » reste difficile à définir tant la réalité varie d’une partie du monde à une autre. De manière générale, on en parle lorsque l’agriculture repose sur une main d’œuvre essentiellement familiale. Les chiffres indiquent qu’elle emploie à ce jour plus de 40% des actifs et produit à elle seule 80% de l’alimentation familiale.


    Qui sont les acteurs de cette agriculture familiale dont nous dépendons totalement ? Comment sont-ils organisés, à quelles difficultés sont-ils confrontés, quelles sont leurs capacités d’adaptation et d’innovation ? Voilà les questions auxquelles le documentaire « Ceux qui sèment » tente de répondre. 

    Le film du jeune réalisateur Pierre Frometin a été projeté le 27 septembre à l’Institut français à Yaoundé en présence d’une forte délégation d’étudiants français en agronomie en stage au Cameroun. Le film nous amène en Inde pour l’Asie, en France pour l’Europe, au Cameroun pour l’Afrique, en Equateur pour l’Amérique du sud et au Canada pour l’Amérique du nord.


    Agriculture de subsistance


    Ce qu’il faut retenir de ce documentaire fouillé et à la photographie à couper le souffle, c’est qu’il existe plusieurs agricultures familiales. A travers l’exemple de la France et du Canada, on constate que l’agriculture familiale en occident est bien structurée et mécanisée. Ce qui permet aux exploitants d’avoir un certain rendement.


    Dans les pays en développement, on est face à deux tendances. Il y a d’un côté de très grandes exploitations familiales, des agriculteurs organisés en coopératives pour faciliter l’écoulement de leurs produits comme c’est le cas dans l’état du Gujarat en Inde où les agriculteurs ont réussi à avoir l’appui du gouvernement. Mais à côté au Cameroun comme en Equateur, on note la persistance d’une agriculture de subsistance à très faible rendement.


    Innovation et adaptation


    S’il est un hommage à ces acteurs de l’ombre, « Ceux qui sèment » montrent aussi les difficultés des seigneurs de la terre. En plus des obstacles financiers, la conjoncture sociale influence la pratique agricole.

    En Bretagne, la filière porcine est fortement concurrencée par l’importation massive des protéines des Usa. De 180 exploitations dans les années 80, il ne reste plus que 45 aujourd’hui. Le cours du café a considérablement chuté, occasionnant des méventes chez les caféiculteurs camerounais. Dans le Nord, les conflits entre agriculteurs et éleveurs sont courant.


    Mais, les agriculteurs filmés par le documentaire ne sont pas des acteurs passifs. Ils savent aussi s’adapter à leur milieu. Beaucoup ont compris que l’autosuffisance alimentaire passe aussi par la diversification des cultures, l’association de l’élevage à l’agriculture pour certains.


    55 minutes d’enquête trépidante qui s’achèvent sur une note d’espoir. En occident comme en Afrique et les autres pays en développement, l’agriculture est confrontée au vieillissement de sa main d’œuvre. La question de la relève se pose avec acuité. Mais, le fait que ce documentaire soit réalisé par des jeunes dans le cadre d’une formation est déjà un signal fort. La relève est en train de se préparer.


     Elsa Kane Njiale


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     Composé par le célèbre bassiste et son groupe Mandekan Cubano, l’album sort officiellement ce jour aux Etats-Unis.



    Voilà bientôt quatre ans que Richard Bona parcoure les quatre coins de la planète avec l’orchestre Mandekan cubano. Ce groupe où on retrouve des cubains, mexicains et vénézuéliens est à lui seul tout un programme et réuni des musiciens à la doigtée très fine et aux expériences multiformes. Avec eux, le natif de Douala entraine ses fans dans un émouvant voyage au cœur de la culture afro-cubaine. L’album s’est inspiré de l'histoire des esclaves de langue Mandekan d'Afrique de l'Ouest débarqués à Cuba et des immigrants venus d’Espagne. Selon les premières notes critiques diffusées sur le net, la musique d’ « Héritage » est une fusion de rythmes traditionnels, de jazz afro-cubain, de ballades mélancoliques (avec deux pistes) et d’intermèdes chantés dans la pure tradition Sawa, dans un douala « ancien » que le célèbre bassiste a appris auprès de sa grand-mère.

    L’album sort ce jour et déjà Richard Bona est annoncé ce 24 juin à la 37ème édition du festival Django Reinhardt qui se tient dans le département de Seine-et-Marne, en France. L’hommage d’un virtuose de la basse à un autre virtuose. Sur leur site internet, le directeur du festival explique cette ouverture par Richard Bona en ces termes : 

    «Richard Bona n’est pas seulement le bassiste le plus doué de sa génération, c’est aussi l’un des artistes les plus recherchés pour sa virtuosité, sa grâce vocale et ses mélodies».
     Dans cet album qui sur le label Qwest Records du célèbre producteur américain Quincy Jones et paraît trois ans après le succulent « Bonafield », Richard Bona est resté musicalement fidèle à lui-même. Il continue d’explorer le créneau des musiques métissées. Quoi de plus normal pour quelqu’un se considérant comme un éternel étudiant en musique ayant ce besoin d’allé à la découverte de nouveaux sons ?

    « Héritage », c’est aussi un message que ce globe-trotter aux dreadlorck nouées avec un turban veut sans doute faire passer : il est d’ici et de là-bas. En décembre 2015, le jazzman, avait d’ailleurs défrayé la chronique en répondant aux abonnés absents lors de la cérémonie au cours de laquelle, la médaille d’officier de l’ordre de la valeur devait lui être décernée. Cette sortie n’était que l’épilogue d’un feuilleton commencé en octobre 2014 lorsque le musicien virtuose naturalisé américain avait juré ne plus mettre les pieds au Cameroun tant qu’un visa d’entrée lui sera demandé. Depuis de nombreuses années, Richard Bona soulève la question de la double nationalité pas reconnue au Cameroun et pense dans le qu’il est temps que cette loi soit revue. Le contexte est et les réalités actuelles l’obligent pense-t-il. S’il n’est jamais facile d’être d’ici et d’ailleurs, le public ne boudera surement pas le partage de ce bel héritage.

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     Sans assurance maladie, obligés de travailler pour subvenir à leur besoin, certaines personnes du troisième âge doivent aussi lutter contre les préjugés et soupçons de sorcellerie.

    Tous les jours, sauf le dimanche, qu’il pleuve ou qu’il vante, Mamie Anne installe son petit comptoir de fortune en bordure de route. A plus de 70 ans, malgré une jambe malade qui l’oblige à se déplacer à l’aide d’une béquille, la septuagénaire s’adonne au petit commerce pour subvenir à ses besoins.

    Elle vend du pain acheté directement à une boulangerie à quelques pas de son comptoir à Emana. Dans son panier qu’elle propose en particulier aux voyageurs se rendant à l’Ouest et les autres villes de la région du centre, on trouve du pain pour toutes les bourses. Celui de 125, de 200 et de 350 F Cfa. Mamie Anne propose aussi des avocats. Le matin avant d’installer son panier de pain et son plateau d’avocats, cette grand-mère a l’allure imposante se livre au commerce de l’eau. Pour cela, elle a installé un robinet dans la cour du domicile familiale où le voisinage peut se ravitailler en eau potable moyennant une certaine somme (15 F Cfa le seau de 10 litres par exemple).

     L’argent qu’elle tire de ses différentes activités lui permet de subvenir à ses besoins. Ses enfants pour la plupart n’ont pas d’emploi stable. Alors de temps à autre, elle donne un coup de main pour les factures d’eau et l’électricité du domicile familiale, acheter les remèdes de sa jambe malade et payer son taxi pour assister au culte du dimanche, la seule sortie qu’elle s’autorise encore. Et même si elle refuse de l’avouer par pudeur, il y a des jours où Mamie Anne aimerais bien en finir avec ce rythme infernale et garder plus souvent le lit.  Surtout quand ses rhumatismes se « réveillent ». En réalité mamie Anne fait partie de cette catégorie de personnes âgées obligées de travailler parce que sans pension retraite, ni revenus stables.

    Si le Cameroun n’est pas encore confronté au vieillissement de sa population, des études du Bureau Central des recensements et des études de population (Bucrep) font état de ce que leur nombre ne cesse de croitre. Les chiffres parlent d’une proportion de 957 894 en 2010, pour atteindre 1 073 237 et 1 202 468 en 2015 et 2020. Ces études soulignent que la précarité économique touche aussi de plus en plus les personnes âgées des campagnes.  Quant à leur accès aux soins de santé, Ils sont nombreux à ne pouvoir bénéficier des soins du service de gériatrie de l’hôpital central. Pour soigner sa jambe malade Mamie Anne a recours à l’indigène. « Même la ça ne va pas. En ville tout s’achète. Même l’aloe Vera que je mets sur ma jambe coûte de plus en plus chère pour moi », regrette la vielle dame.
    Mais la précarité n’est pas le seul problème auquel sont confrontées les personnes âgées. Il y a aussi la discrimination. Le thème retenu pour cette de la journée internationale qui leur est dédiée édition portait d’ailleurs « Prendre position sur l’âgisme ».


    En effet, plus elle avance dans l’âge, plus certaines personne âgées sont soupçonnées de sorcellerie et rejetées par leur entourage. Le reporter a vécu une scène édifiante à ce sujet.
    Une vielle dame d’environ 78 ridée comme une pomme, au lent comme une tortue vêtu d’haillons demandait son chemin aux passants de Nlongkak. Maigre presque émaciée, des yeux plutôt globuleux, elle faisait effectivement peur. Personne pour lui indiquer son chemin malgré ses « mon fils, ma fille ! ». Il a fallu qu’un jeune homme indulgent pour que la vieille puisse avoir le renseignement tant recherché. « Très souvent quand une personne surtout une femme a atteint un certain âge on la soupçonne de sorcellerie. On oublie très vite que eux aussi ont été jeunes et ont eu une vie », s’insurge Djaili Amadou Amal qui a fait de cet épineux problème le thème principal de son roman. «Miistirijo : La mangeuse d’âme ». Il n’y a pas de limite à la sensibilisation

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    A Mbalmayo, l’animatrice rurale transforme depuis 10 ans les feuilles de gnetum en boisson, savon et huile.



    Ce samedi, Anne Bikene est dans son petit atelier  du quartier New Town à Mbalmayo.  Des seaux d’eau et des bouteilles en plastiques sont posés pêle-mêle sur une table. Assise sur un tabouret, l’animatrice rurale remue énergiquement à l’aide d’une spatule dans un seau rempli d’un liquide vert. « Je suis en train de fabriquer du whisky d’okok », explique-t-elle à des visiteurs curieux d’assister  à la transformation d’un produit qui sort de l’ordinaire. 

    « Tous ceux qui arrive ici sont étonnés d’apprendre qu’on peut transformer les feuilles du gnetum en boisson. Mon whisky est très bon. Il contient 43% d’alcool et coûte entre 5000 et 10000 F Cfa. J’y ajoute un peu de jus d’orange pour le bon goût », dit-elle. « Cela fait plus de 10 ans que j’effectue des recherches sur l’okok comme on l’appel chez les béti. Ces feuilles ont des vertus sur le plan alimentaire et thérapeutique. Les feuilles d’okok aide à soigner l’hypertension, les mycoses, et bien d’autres maux », révèle l’agricultrice contente de partager ses connaissances sur une plante dont elle regrette la faible vulgarisation.  

    « Moi, je fais tout avec l’okok. Je me lave, je traite mes cheveux et  mes petits bobos de  septuagénaire avec», dit-elle comme pour convaincre les sceptiques. D’ailleurs Anne Bikene. Parce que Anne Bikele ne se contente pas de transformer l’okok en whisky, elle en fait aussi des produits capillaire (huile, shampoing, savon). En plus de l’okok, cette passionnée de l’agro-alimentaire extrait l’huile des avocats, des graines de sésame et même des graines de ricin communément appelées djassang et utilisées pour l’assaisonnement des  sauces. Un travail de titan grâce auquel elle s’est construit une réputation au Cameroun et au-delà. « Mema Anne » a toujours vénéré le travail de la terre. 

    Dans les années 70 lorsqu’elle quitte sa lékié natal pour rejoindre son époux à Mbalmayo, C’est dans l’agriculture, la culture de l’okok qu’elle se lance. « Je louais 3 hectares de terrains. Mais il y a quelques années, j’ai du les rétrocéder au propriétaire ». Malgré le poids de l’âge et sa vue qui a considérablement baissé, la présidente de l’association Elat-Meyong crée une pépinière pour la culture de l’okok où de nombreux jeunes intéressés par l’agriculture viendront se former. Mais déjà pour « Mema Anne » qui a perdu nombre de ses enfants, la force n y est plus. Elle se concentre désormais à la transformation des produits. Tout se fait encore manuellement. Anne Bikene éprouve des difficultés pour l’emballage et la distribution de ses articles. Son vœu et celui de sa petite fille qu’elle a initié est de trouver des partenaires financiers. « J’ai aussi un manuscrit fruit de mes recherches sur l’okok. Je cherche un éditeur qui peut m’aider à le publier », espère, la « reine d’okok ».
     Elsa Kane    

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    "Être gay  au Cameroun s'apparente à un combat sans fin. Si en plus vous êtes malade et de sucroit pauvre, c'est  le suicide  assuré ", m'a dit un jour une personne active dans la protection  des droits des minorités sexuelles. 

     Tout  le monde le sais au Cameroun, l'homosexualité est condamné par le code penal. C'est une illégalité punie entre six mois et 5 ans de prison ferme et une amende qui va de 20 000 à 200 000 Cfa. Traqués,  victimes d'arrestations arbitraires, de violences verbaleset physiques, de tortures morales, les LGBT n'ont souvent plus de  droit, encore moins  le droit à  la santé.

    Alors que d'importants progrès ont été réalisés en ce qui concerne la couverture antiretrovirale au Cameroun, notamment chez la femme enceinte Où  on est passé  de 24% en 2009 à 70% en 2015,  des homosexuels  décèdent encore dans des conditions difficiles faute de soins appropriés.

    En cause? La double discrimination dont ils sont victimes. Pourquoi double ? " Parce que pour beaucoup de personnes,  l'homosexualité  est une anomalie, une perversition, unmalifice. Quand en plus tu es atteint du  Sida, la maladie du siècle " on te dit que tu n'as ce que tu mérites", regrette notre source.

    Le regard sur les malades du SIDA évoluent certes, mais les discriminations persistent.  "La discrimination  et la stigmatisation  sont réelles dans notre société et constituent un obstacle  à  la prévention du Vih - Sida", a reconnu Andre Mama Fouda, le Minsante en 2015 lors du lancement d'une campagne de communication sur ce problème . Des études publiées par l'association Recap+  avec l'appui du Ppsac en 2015, indiquent que 23%  des personnes vivants avec le Vih - Sida  ont perdu leur emploi et 81,2  sont exclues des activités familiales  et 75%  des activités religieuses.

    " je veux bien qu'une personne n'aime pas les homosexuels. Mais qu'on te refuse un traitement au motif que personne  ne t'a envoyé  "faire les choses du diable".   Ça me dépasse seulement!", s'émeut une militante qui se rappelle,  ce "frère" répartit de l'hôpital  sans son traitement sous les regards dédaigneux d'un personnel soignant auprès  duquel il était pourtant venu chercher conseil .  " l'infirmière qui l'a reçue ne s'est pas gênée pour révéler son statut et son orientation sexuelle.  Partout, les gens chuchotaient à  son passage", regrette  -t-elle un brin amer.

    "Les gens ne s'imaginent pas la souffrance morale que cette situation engendre . Souvent pour se faire traiter, nous devons camoufler les raisons pour lesquelles nous venons consulter".  "Se rendre à l'hôpital, c est déjà prendre un risque de se faire humilier, agresser, dénoncer  et même  jeter en prison. Alors parfois  certains préfèrent rester dans l'anonymat qui leur procure une certaine sécurité ". 

    Toutefois, reconnaît - on dans la communauté, les choses changent. Au pas de tortue certes. L'état camerounais a intégré , les LGBT dans son programme  de lutte contre le Vih - Sida. La possibilité  d'avoir des hôpitaux pour HSH a déjà été évoquée par le ministre de la Santé publique. De son côté , la société civile ne chôme pas. On compte aujourd'hui  plus d'associations LGBT que par le passé.

     En 2012, celle-ci à fait des propositions en demandant notamment que la distribion   des médicaments soit  décentralisée pour éviter la stigmisation  des LGBT. Il serait  question que les traitements contre le Viah - Sida soient également disponibles dans les centres communautaires et même que les associations  soient autorisées à  les distribuer. Pour l'heure, les LGBT,  les travailleurs et travailleuses  de sexe, les drogués, etc sont suivis dans les mêmes centres de santé . "On continue de se battre pour que la situation change ", dit un militant.


     Ce billet est ma con tribut ion à  la campagne #Santé Pour Tous initiée  par des bloggeurs camerounais. Vous pouvez- ou suivre sur les réseaux sociaux avec le hastag #SantéPourTous.

     Quelques liens d'articles déjà  publiés:

    Le médecin  n'est pas un faiseur de miracle (Fotso Fokam)

    Vih-Sida : Comment  vivre

    longtemps  avec le virus? (Martine Ndo)

     les hôpitaux  camerounais sont des malades très mal soignés, (Francis Nouanga)

     Vih-Sida, la necessaire éducation  (Christian Cedric)


     Pourquoi l'argent est-il la priorité  dans les hôpitaux  au Cameroun (Tchakounte
    Kemayou)

    Aucune femme ne devraient mourrir en donnant la vie (Mireille Flore Chandeup)

     Il était u e fois Monique Koumateke, (Dierdier Ndengue)

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  • 11/29/16--11:18: Article 0
  • 8ème edition du Festival national des Arts et de la culture à Yaoundé .

     Vaste déploiement artistique à Yaoundé


    Festival national des arts et de la culture. La huitième édition a bien démarrée hier au musée national avec une affluence appréciable.

    Lentrée du musée national est ornée dune imposante affiche publicitaire.  La photographie montre le président de la république Paul Biya tenant dans sa main gauche Anne Marie Nzié, la voix dor de la musique camerounaise qui nous as quitté  le 24 mai dernier et  la petite sœur de celle-ci dans lautre. Limage est frappante et retient lattention des automobilistes comme des piétons. Chacun y va de son commentaire mais la curiosité domine. « Quest-ce qui se passe même ici ? », demande un passant. « Bienvenu à la huitième édition du Festival national des arts et de la culture du Cameroun », répond une hôtesse en lui remettant le programme de la journée et celui de la semaine. « Entrez pour découvrir par vous même ce qui sy passe. Cest gratuit », poursuit lhôtesse.  Marcel ne se fait pas prier et joint le geste à la parole. Le temps de passer au contrôle et au détecteur de métaux, le voilà de plan pied sur le site où des centaines de personnes vont et viennent dans tout les sens sur un soleil de plomb.

     Le pas hésitant, le jeune débrouillard en embrasse du regard lesplanade du musée national qui lui semble tout à  coup très vaste. « De quel côté commencer », se demande-t-il. Heureusement, la configuration du site a été pensée de façon à faciliter le déplacement des visiteurs. Notre bonhomme se trouve sur la partie basse, celle réservée aux cases patrimoniales représentants les différentes  aires ethnoculturelles du pays ont été construites.

     Bientôt, alors que la foule se fait de plus en plus pressante, un chant sélève du côté des espaces réservés aux ressortissants de la région de lEst. Un attroupement joyeux se forme vite pour admirer le magnifique déploiement des artistes. Devant une maison de pygmée construites en feuilles, un homme, le torse-nu, une jupe de raphia autour des reines tient dans ces mains, une lance de chasseur quil semble vouloir lâché sur un animal imaginaire. A côté de lui, un pygmée baka dâge mur uniquement vêtu dun cache-sexe prend la pose. Derrière lui, trois femmes chantent et dansent aux sons des tambours et de leurs voix. Tout prêt, un bantou présente quelques écorces de la pharmacopée baka-bantou. La mise en scène est si parfaite quon se croirait dans un campement pygmée.


    Pour Lionel Evina, cest une grande découverte. « Je navais jamais vu des pygmées avant sauf à la télé », dit-il les yeux écarquillé de ravissement. Pour immortaliser ce moment, la technologie est mise en contribution.  Téléphone portable, tablette, appareil photo sortent des sacs. Dans les airs, on peut même apercevoir quelques drones de la start-up « Camer-drone boy » qui capturent tout.


    Au fil des heures des orchestres entiers, des troupes de danses se déploient sur  létendu donnant le tournis aux visiteurs ne sachant où donner de la tête. Avide découverte, Lionel Evina décide de partir à la découverte de « lAdamaoua ». Ici la mise en scène reprend la vie dans un saré. Assise sur des nattes deux femmes à mains teintées de henné dessinent des arabesques sur des calebasses. A côté delles, un forgeron expose son arsenal : marteau, enclume, lance, cloche en fer, couteaux, etc. Tout près de lui, un salon fait de poufs en cuir remplit de coton, de tables et tabourets au pied en corne de bœuf et les pas de danse  des membres de renaissances  culturelle Mboum Labi de Ngaoundéré plonge les festivaliers dans latmosphère de la vie sahélien. Le spectacle est beau. Même les journalistes venus pour des reportages se laissent captiver oubliant de prendre des notes. « jai toujours voulu me rendre au nord. Mais les moyens me manquent. Je me console avec ce beau spectacle », dit une festivalière. 

    « Ce que vous voyez aujourdhui nest rien. Tous les participants ne sont pas encore arrivés. Il sont en train de venir », nous renseigne Dorethy, artisane spécialisée dans la confection des tenues traditionnelle du Nord-Ouest. « Nous somme une délégation denvirons 70 personnes.  Je suis arrivée Demande en provenance de Bamenda. Chaque délégation est installée dans un lieu précis. On nous a logé dans des hôtels à Etoudi et des cars sont mis à disposition pour nous transporter au départ  comme au retour », poursuit-elle.

    Un tremplin pour le marché international

     En effet, plus de 500 artistes prennent part à cette  édition qui intervient ans après celle de Maroua sous le thème culture et émergence ».  Les objectifs du Fenac sont de développer la promotion et la diffusion de la culture camerounaise, offrir aux créateur camerounais une plate-forme ouvrant laccès au marché national et international. En dehors du musée national, les manifestations se sont aussi ouvertes au Centre culturel camerounais, à la salle de projection Sita Bella, au monument de la Réunification. En termes dinnovations il y aura lélection Miss Fenac, dune course de pirogue sur le lac municipal, de lorganisation dune fantasia au stade Mateco de luniversité de Yaoundé 1, de la grande odyssée des arts et de la culture et du salon  de la littérature jeunesse.


    Le festival se veut populaire à  ce titre  il est la vitrine de toutes les disciplines artistiques La musique, le cinéma, le théâtre, la littérature, la danse, la peinture, la sculpture, la mode, la gastronomie, les arts urbains, patrimoniaux et équestres. Hier sur le site, des expositions avaient dailleurs débutées dans une belle ambiance.  «  Nous sommes venus au Fenac montrer notre savoir faire dans le domaine des accessoires de mode. Nous faisons des colliers, des bracelets et des boucles et boites à bijoux à partir de matériaux comme le bambou, la laine, le fil de nylon, les coques de noix de coco, les coquillages.  Ce premier jour à bien démarré pour nous », se réjouissent les membres de lAssociation des jeunes accessoiristes du Noun.


     Le canton Akwa remporte la course de pirogue

    . La troisième journée du festival des arts et de la culture était riche en activités.

     Un attroupement inhabituel sest formé autour du lac municipal de Yaoundé. La longue file de voitures qui entourent le lieu ce 9 novembre pique la curiosité des automobilistes. « Une course de pirogue en plein Yaoundé ? Cest la première fois que jentends parler. Taxi, laisse-moi ici, je ne peux pas manquer ça ! », lance Stéphane 30 ans, qui na pas connu lépoque faste du lac municipal. Celle quand on y pratiquait le sport nautique. En grandes enjambées, il rejoint le bord du lac où une foule dhommes, de femmes, denfants et délèves sest massée. Il est 14h30, la course de pirogue organisée dans le cadre du Fenac commence. Dans les tribunes, Narcisse Mouelle Kombi a déjà pris place. A ses côtés, le ministre de la Justice, Laurent Esso, le Pca du palais des congrès, Aminatou Ahidjo et Georges Kyriakidès, lhomme à lorigine de la création du lac municipal. Un moment émouvant pour lui.


    La course met au prise 9 équipes venues de trois régions : Mbalmayo
    , Monatélé et Ayos pour le Centre. Ewodi junior, Nganda Bolo , Gic Ideal et Edea pour le Littoral. Le Sud avec Kribi et Bota Land pour le Sud-Ouest.  Pendant deux heures,  elles vont saffronter férocement dans une ambiance surchauffée par des groupes de danses patrimoniales. Cest finalement léquipe Nganda Bolo du canton Akwa de Douala qui remporte la course devant la ville dAyos. Habituée aux compétitions du Ngondo, la fête traditionnelle des peuples côtiers, léquipe venue avec son orchestre « Ngosa ya tiboa » a fait parler son expérience. « Cétait vraiment très beau. Jespère quon aura dautres activités de ce genre à Yaoundé », sest réjouit Claudel Bekolo, choriste.  «  Je suis au Fenac depuis le matin. Jétais aussi au monument de la réunification », dit-il.

     En effet, cest ce lieux, symbole de lunité et de lattachement des camerounais à leur patrie que se tient lexposition dœuvres dart plastique. Une exposition inédite regroupant des plasticiens de la diaspora et ceux dautres villes du pays.
    Daniel Ndoh Ndoh, le commissaire de lexposition a choisi, une configuration mettant en avant  six disciplines : la photographie, la sculpture, la céramique, la poterie et la peinture. En photographie dart, Angèle Etoudi Essamba, photographe de renommée internationale présente des tableaux en impression fine sur le thème dhéritage. Sur le stand des archives national, les photos issues dune collection du photographe Suisse Jacques Thevoz et de la communauté urbaine montrent le Cameroun des années 60. En sculptures, on découvre le concept « pito-sculture » de Jean Dissake Dissake. Un alliage de peinture et de sculpture qui fait la part belle aux objets récupérés (lianes, tôles, vieux journaux). Les écoles de formation comme lInstitut de formation artistique de Mbalmayo sont venues montrer leur savoir-faire en céramique  avec des plats de décoration, des vases en argile modelée cuite et émaillée.

    Elsa Kane





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  • 12/11/16--02:27: Article 0
  • «Transformer la peau de manioc en farine »

    Ernest Ewoty Ndjié. A Ebolowa, l’entrepreneur a eu l’ingénieuse idée de transformer ces déchets en farine pâtissière. Plusieurs primés dans des foires, il est à la recherche de financements et appel  les camerounais à s’approprier ce produit. Dans l’interview qui suit, il revient sur la genèse  de ce magnifique projet.




    Depuis quelques temps on vous rencontre dans des foires et des festivals où vous présentez la farine «Ewotson ». De quel type de farine s’agit-il ?
    Merci madame pour la tribune que vous m’ouvrez. C’est une farine que j’utilise pour faire des pâtisseries. Notamment des  gâteaux et des beignets. Sa particularité est qu’elle est faite à partir des peaux de manioc.
    Au Cameroun, la peau de manioc est considérée comme un déchet. Mais vous vous en faites de la farine. D’où est partie l’idée de cette transformation ?  
    Vous savez, généralement c’est sur les peaux qu’on trouve les meilleurs éléments nutritifs  en occurrence : la peau de banane, la peau de banane plantain, la peau d’ananas, etc. Il faut qu’on cesse de dire que la peau est amère. Le manioc a deux types de peaux : la peau du manioc amer et la peau du manioc doux.  Il est important de changer les mentalités des camerounais afin qu’ils comprennent que la peau n’est pas destinée à finir dans la poubelle, qu’on peut la consommer. Je suis pâtissier de formation. C’est le seigneur qui m’a donné l’idée de mettre sur pied ce  projet. Ça fait 17 mois que j’utilise cette peau et j’ai eu des diplômes pour mon invention. Je pense que ensemble nous vaincrons la famine, la pauvreté  et le chômage 
    Alors comme arrivez-vous à transformer cette peau de manioc si riche en farine ?
    Le procède est assez simple. Mais vous m’excuserez de ne pas dévoiler mes secrets de fabrication ici. Comme je l’ai dis plus haut, il y a deux types de peaux de manioc. C’est la peau du manioc doux que j’utilise. Je la fais traiter puisque la membrane légère qui est au dessus de la peau, il faut la jeter. Je récupère la peau blanche et rose ensuite, je la traite par mon procédé.
    Comment faites-vous pour avoir de la peau de manioc en quantité ?
    Au début de mes activités, je m’approvisionnais chez les femmes qui font du bâtons de manioc. Mais c’est devenu difficile parce qu’elles savent déjà que je transforme cela en farine et elles me demandent de payer. A ces moments là, je n’ai pas le choix j’achète. Comme je n’ai pas les moyens conséquents, il arrive que des connaissances viennent me donner les peaux à la maison. Pour le moment, le travaille se fait de façon artisanale. Je n’ai pas encore d’équipe. Ma femme m’aide beaucoup. Quand je ne suis pas là, c’est elle qui prend le relais.
    Malgré cela vous avez fait un effort au niveau de l’emballage qui est assez joli. Quelle aide recevez-vous pour le développement de votre projet ?
    Depuis que j’ai commencé à mettre ce projet sur pied, le seul ministère qui m’a aidé c’est le ministère de l’Industrie, des mines et du développement technologique. Le chef de ce département ministériel m’a octroyé une subvention pour  pouvoir déposer ma demande de brevet d’invention à l’Oapi. C’est le soutien que j’ai et j’en suis reconnaissant. Je souhaite vraiment avoir plus de soutien pour que le projet prenne corps. Je profite de votre tribune pour tendre la main à l’Etat et aux investisseurs afin qu’ils m’aident à vulgariser la farine « Ewoson ». Il n’y pas encore de retombée. Je suis là pour présenter le projet aux camerounais. Qu’ils adoptent la farine à base de peau de manioc. La vulgarisation de ce projet dépend de l’accueil des consommateurs. Actuellement, je produis 50 Kg ce qui me permet de participer à des expositions. Certainement à la longue, je produirai des tonnes.
    Propos recueillis par Elsa Kane Njiale

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     Dédicace. Le dernier livre de la députée « Les Coquelicots de l’espoir », retrace la vie de son grand-père
     Angelo Tomaino.
    Ce fut une séance riche en émotion.  Une plongée dans l’enfance de l’une des femmes politiques et figures la plus redoutée de l’opposition  camerounaise. Hermine Patricia Tomaino Ndam Njoya était en quête de son histoire, surtout celle de son grand-père, Angelo Tomaino. Un italien au destin « exceptionnel » né en 1904 à Calabar, enrôlé pendant la 2ème guerre mondiale et qui se retrouvera par un concours de circonstances à Foumbam où il fondera une grande famille. « Je voulais en savoir plus sur cette homme qui m’a donné son nom Tomaino et le prénom de sa sœur Ermina », dira l’écrivaine. Sa quête la conduira à l’ambassade de l’Italie où elle est bien accueillie et accède aux archives de son grand-père. C’est le début de ce qui deviendra « Les Coquelicots de l’Espoir », 7 parties, 11 chapitres et 278 pages,
    Dédicacé mercredi 13 juillet, le roman publié aux Lions University Press de Rome est saisissant de lyrisme. Entre prose et poésie, « Les Coquelicots de l’Espoir », raconte comment malgré les difficultés, Tomaino réussira à s’intégrer et à allier la culture italienne à la culture bamoun. Une note de lecture complète servie par Adamou Ndam Njoya, président de l’Udc et non moins époux de l’auteure.

    La cérémonie de dédicace a drainé un parterre d’invités de marques parmi lesquels, le ministre Louis Paul Motazé, le Nonce Apostolique Mgr Pierro Piopo, l’ambassadeur itinérant Roger Milla, des membres du parlement camerounais etc… L’ambassadrice d’Italie au Cameroun Samuela Isopi, n’a pas manqué de salué l’humanisme d’Angelo Tomaino avant de proposer la dédicace d’un lieu symbolique pour lui dans la ville de Foumban. Déjà auteur de  «  Les élections bancales », « L’enfer rose », Hermine Patricia Tomaino Ndam Njoya annonce le tome 2 en gestation. Il sera consacré à l’histoire de sa mère. Un tome 3 verra également le jour. Il portera sur son histoire propre. Autre annonce faite, c’est celle de la traduction en italien de l’ouvrage « Les coquelicots de l’espoir ».
    Elsa Kane avec Cécile Ambatinda (stagiaire)
     


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     « Voici venir les rêveurs » d’Imbolo Mbue campe le destin d’un couple d’immigrés camerounais confrontés aux réalités des États-Unis.
     

     Bien avant la sortie de son livre Imbolo Mbue, 34 ans était déjà sur les feux des projecteurs des médias. Le manuscrit de l’américaine d’origine camerounaise, a fait l’objet de surenchère des maisons d’édition américaine.  Au point d’être acheté en 2014 à 1 million de dollars par la maison « Random House ». Une somme jamais proposée jusqu’ici pour un premier roman et pour un auteur africain. Pour certains observateurs, le ramdam médiatique autour d’Imbolo Mbue arrivée au Etats-Unis à 16 ans pour poursuivre ses études, était une opération de marketing. Autant dire que « Voici venus  les rêveurs » était attendu. Le livre est-il à la hauteur de l’exposition médiatique dont il a bénéficié ? 

    Disponible pour le moment au Cameroun dans certains centres culturels comme l’Institut français (on peut aussi l’acheter en ligne), le roman conduit le lecteur à la rencontre d’un couple d’immigrés clandestins. Le livre nous ramène en 2007, soit un avant la récession qui a durement frappé les Etats-Unis et l’Europe. Jende Jonda réussi à quitter son Limbé natal pour le pays de l’oncle Sam où il vit depuis 2 ans. A force de subterfuges, il  réussit même à faire venir à ses côtés Neni sa femme et leur garçon Liomi. Avec l’aide de son cousin Wiston gagnant de la loterie américaine, Jende décroche un poste de chauffeur très bien payé auprès de Clark Edwards, magna des finances et associé de la prestigieuse banque « Lehman and brothers ». Néni se lance dans des études de pharmacie, son rêve. Mais très vite la réalité rattrape ses deux êtres ayant quitté le Cameroun persuadé de ne jamais devenir « quelqu’un ».  Obtenir la « green card », est un chemin de croix, Jende peut être expulsé à tout moment. A New-York, la vie est chère et rude pour les «gagne-petit ». Seul Harlem, le célèbre ghetto les accueille. 

    « Green card »

    A travers le portrait de cette famille, c’est le destin de centaine d’immigrés clandestins africains qui est décrit.  L’auteure ne s’attaque pas à ce qui pousse ces hommes à prendre le bateau. Même si Jende évoque la mal gouvernance et la corruption à l’origine de frustrations et d’un malaise social. Elle peint des gens attirés par une vie facile, les mirages de l’occident. Pourtant les Usa ne sont pas le paradis.

     Au couple Jonga, Imbolo Mbue oppose d’ailleurs les époux Edwards et leurs deux fils. Le père drogué de travail a sacrifié son âme d’artiste pour la recherche effrénée de l’argent. Mme Edwards noie son passé d’enfant pauvre et battue dans l’alcool et les plaisirs mondains, le fils ainé rejette son milieu pour s’exiler à Inde tandis qu’à tout juste 7 ans, le petit dernier fait déjà face à la solitude. 

    Par sa thématique, « Voici venir les rêveurs », rappelle « Américanah » de Chimamanda Ngozi Adichié, « Le ravissement des innocents » de Taiyé Selasi. Imbolo Mbue a réussi son pari en créant un univers où le pidgin english et le bakweri donnent une singularité de plus à son œuvre. L’histoire est si bien racontée avec humour et vivacité, qu’on la lit d’une traite jusqu’à la fin. Il faut aussi saluer la traduction en français de Sarah Tardy qui a su respecter la touche camerounaise de l’auteure. Imbolo Mbue est l’une des quelques auteurs « anglophones » traduite en français. Pour beaucoup de lecteurs camerounais d'expressions francophones il s’agira de découvrir une culture peu ou mal connue.

    Elsa Kane Njiale
     Imbolo Mbué
     Voici venir les rêveurs
    Edition Belfond
    Août 2016, 383 pages
    14300 F Cfa , 22euros




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    Le gynécologue chef de service au Chu  de Yaoundé vient de publier un livre pour faciliter la prise en charge des femmes victimes de cette maladie.
     

    Le standing ovation qui lui a été réservé, le Dr Pierre Marie Tebeu, l’a dédié aux femmes. Tout comme son livre. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la cérémonie est présidée par le ministre de la Femme et de la famille qui a voulu marqué la célébration de la journée internationale de la femme en remettant sur la table ce grave problème de santé. 

    Chef de service au Chu, le gynécologue et obstétricien mène depuis des années un combat contre les fistules obstétricales (Fo). Sa réputation a dépassé les frontières du pays. Le public a fait le plein d’œuf de la salle Bouna au Hilton Hôtel pour vivre la dédicace du livre « Prise en charge psychosociale et counseling des fistules obstétricales et non obstétricales ». La cérémonie s’est transformée en un moment de plaidoyer  en faveur des victimes des Fo longtemps qualifiée de maladie de la honte. 

    « Les fistules obstétricales sont des graves lésions provoquées par un accouchement, un avortement  long et difficile. Elles entrainent la mort du fœtus et une incontinence chez la mère. C’est la cause majeure d’invalidité  et d’exclusion social. La prise en charge se fait par la chirurgie », explique le spécialiste.

     Marie Thérèse Obama Ondoa, elle-même médecin et auteur de la préface à dit son admiration pour un tel travail qui servira « aux générations futures ». « J’ai fais ce travail pour les femmes qui isolées à domicile n’ont jamais eu la chance d’avoir accès aux soins, aux femmes opérés mais donc le problème reste non résolu. Pour réduire contre les fistules obstétricales, il faut outre l’opération chirurgicale et le counseling clinique, lutter contre les mariages précoces, promouvoir la chirurgie des (Fo), promouvoir l’accouchement assisté, le suivie prénatale, le planning familial, », recommande le médecin. 

    Divisé en 10 sections, le livre publié aux éditions l’Harmattan revient avec une précision de chirurgien sur les causes des fistules obstétricales (Fo), les facteurs à risques, la situation épidémiologique tant au Cameroun qu’à l’étranger, les conséquences médicales et sociales de cette complication, la prévention et les modes de la prise en charge de la maladie et des malades. Le Dr Pierre Marie Tebeu propose aussi des solutions pour réduire le taux de prévalence qui est de 4 cas sur 1000 pour une incidence estimée à 1000 à 500 nouveaux cas par an. « Prise en charge psychosociale et counseling des fistules obstétricales et non obstétricales » est de plus écrit dans un français accessible même à un élève du primaire.L’exposé du Dr Tebeu a été rehaussé par des témoignes de victimes de Fo ayant retrouvé leur dignité depuis leur prise en charge par le Dr Tebeu. Le livre coûte 15000 f Cfa.
    Elsa Kane Njiale

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    Angels tech of Africa. Portraits des jeunes geek, finalistes du concours « Technovation challenge » 2016 organisé en novembre aux Etats-Unis et de leurs encadreurs.

    A l’heure où leurs petits camarades utilisent les nouvelles technologies de l’information et de la communication pour partager des posts sur facebook, publier des photos sur Instagram ou s’abonner aux pages de stars de la musique, du foot ou de la mode,  cinq gamines âgées 13 à 16 ans ont vu plus loin que le bout de leur souris. Elles ont compris qu’avec internet tout est possible quelque soit sa position géographique, sa condition sociale.  Il suffit d’être passionné, curieux pour tracer sa voie. Encadrées par des mentors, eux-mêmes figures importantes de l’écosystème digital du pays, elles ont développé deux applications : « AmaAba » conçu en 2015  pour remettre en relation, les parents et les enfants victimes du terrorisme. Conçu en 2016, Nature Gift est une « marketplace » de promotion des matières premières agricoles camerounaises sur le marché mondiale. Brillantes finalistes du concours « technovation challenge » 2016 avec un 3èmerang, elles ont été reçues le 20 février dernier par le ministre des Postes et



    Grace Asta Ngoumna

    La passion des technologies
    Elève en classe de 3ème, Grace s’est très tôt passionnée pour tout ce qui a un lien avec l’informatique. Pour elle, l’ordinateur n’est pas seulement un objet ludique. Elle voulait savoir ce qu’il y a à l’intérieur et comment on peut se servir des tics pour venir en aide aux autres. « Savoir plus sur la technologie et l'informatique est la raison pour laquelle j'ai participé au concours Technovation », dit cette boule d’énergie. Studieuse, elle aime apprendre. « Pendant les 12 leçons du programme Technovation, j’ai appris comment créer une application mobile, monter un business plan et beaucoup d’autres choses », raconte-t-elle, les yeux pétillants. « Le travail en équipe m’a appris l’entraide, comment nous soutenir et comment encourager les autres. C'est ce que je retiens de ce programme », dit-elle consciente du chemin qui reste à parcourir.
    Sonia Avadakai
    Les fruits de la curiosité
     Sacramento est le deuxième prénom de cette jeune geek fille de fervents croyants. On lui a sans doute répéter que la curiosité est un vilain défaut. Mais c’est pourtant cet esprit vif qui l’a conduit dans les Tic et à participer au concours Technovation. « Je voulais savoir comment ça se passe dans ce programme. Après 2 ans de ce projet, je sais maintenant que je suis courageuse et ambitieuse », dit l’adolescente de 13 ans avec assurance. Elle apprend vite et se passionne pour le codage. « Je ne savais rien en codage d'applications avant. Maintenant, je peux coder, créer, innover et inventer. Travailler en groupe est pour l’élève de 4ème un enrichissement. « J'apprends de mon travail en équipe que personne n'a l'exclusivité de la connaissance. Maintenant, je sais ce que signifie l'union fait la force. Quand nous avons un problème entre nous, nous discutons d'abord et nous corrigeons mutuellement »
    Flora Eunice Lissoubo
    Servir de modèle aux filles
    Lorsqu’elle n’est pas dans ses cahiers, Flora ne quitte pas son téléphone androïde  ou son ordinateur. Ses amis pour la taquiner l’ont surnommées « Flora tête baisée ». Malgré sa frêle silhouette et son air de fille réservée, l’élève de seconde peut vous sortir un guide sur comment bien choisir et utiliser son téléphone et son ordinateur. A 15 ans, Elle se rêve en modèle pour les autres filles. « Avant Technovation j'étais analphabète en technologie. Maintenant, je sais comment coder et c'est fascinant ». Travailleuse, elle a l’esprit de compétition et de travaille en équipe. « Lorsque nous rencontrons des difficultés, nous essayons de trouver les difficultés ensembles ».
    Cynthia Madja Olita
    Devenir un as du codage
     Il y’a un an avant de  participer au programme Technovation, notre petite geek ne savait pas se servir correctement d’un ordinateur. Encore moins surfer intelligemment sur le net.  Aujourd’hui, elle en parle en longueur de journée. « Je sais maintenant, beaucoup de choses en particulier dans le code informatique sur Mit App Inventor. Grâce à l’encadrement de ses mentors, ce concours a été une véritable école. Elle s’est débarrassée de cette peur qui l’empêchait de donner le meilleur d’elle-même. « J'apprends beaucoup en participant à Technovation: comment créer une application mobile, comment utiliser un ordinateur et un téléphone androïde et comment faire face à ma propre peur », explique l’élève qui prépare un bepec cette année. Son rêve, Cynthia, 13 ans, le dit avec conviction : « Je veux être un médecin pédiatre qui utilise la technologie pour le travail ».


    Pascaline Mabrey
    Bilingue grâce aux Tics
    « J'étais excitée d'en apprendre davantage sur l'informatique», raconte Pascaline. Du haut de ses 16 ans, elle est l ‘aînée du groupe mais sait que cela ne lui confère aucun droits particuliers. Humble, Pascaline est aussi obéissante et enthousiasmée par ce qu’elle vit depuis leur voyage aux Etats-Unis. « J'ai appris à parler à un grand public sans crainte et mon anglais s'est amélioré davantage ». L’expérience n’est pas terminée puisqu’il faut continuer à développer les applications. Lorsque tout sera au point, la vie de centaines d’enfants comme elle pourra changer. Amour et solidarité, voilà ce qui rend la lycéenne heureuse. Geek pour la vie ? Elle dit oui.






    Encadreurs
    Dorothée Danedjo Fouba
    Du journalisme au mentorat
     C’est par curiosité professionnel et grâce à ses frères eux aussi passionnés des Tic qu’elle se retrouve dans la marmite des logiciels libres. Aujourd’hui figure féminin de l’écosystème numérique camerounais, l’ancienne reporter de la Crtv, se plait à partager ces connaissances. Au sein de l’association Mozilla Cameroun dont elle est une des voix comme en dehors. « La première fois que j'ai rencontré ces jeunes filles, C'était en fin 2014 après 6 semaines de campagne de recrutement pour Technovation Challenge 2015. Je les ai trouvées si jeunes pour réussir dans cette compétition en raison du niveau de formation en Tic dans le système scolaire camerounais. Elles ont démontré qu’elles avaient des capacités. J’ai partagé avec elles l'esprit de fair-play, les compétences en communication et marketing digital des projets numériques », explique l’ambassadrice régionale du programme Technovation pour le Cameroun.
    Estelle Ndedi Nzalli
    Le coaching d’une tête couronnée
     Avant d’être le mentor d’Angels Tech of Africa, Estelle Ndedi est aussi lauréat du prix Technowomen avec 4 autres camerounaises pour avoir conçu « GiveThemHope », une application pour venir en aide aux enfants victimes du terrorisme à l’Extrême-Nord. A la Silicon-Valley, la diplômée en informatique est désormais certifiée mentor en sciences, technologies, ingénierie. Son dada, transmettre la passion des tics aux femmes. «En travaillant avec ces enfants, j'ai appris à enseigner et à transférer mes connaissances en informatique et à programmer des compétences de base avec beaucoup de patience. Les enfants sont plus vrais et n'oublient pas les informations pouvant faire grandir leur projet. Les adultes eux veulent toujours savoir ce qu’ils gagnent avant de s’engager », note-t-elle.
    Desire Danga Essigue

    Priorité aux filles

    Son nom est aussi connu dans l’univers de la mode. Il est le co-fondateur de la marque  de sport-wear « Wadjo » qui promeut l’unité dans la diversité. Mais l’informatique reste sa première passion. Il ’est de la plupart des projets qui permettent de construire l’écosystème digital du « 237 ». Former les plus jeunes, surtout les filles des zones  enclavées voila ce qui galvanise le « master educator ». « Je suis vraiment intéressé à la formation des jeunes, surtout les filles. Les filles n'étaient pas soutenues en technologie dans notre pays avant le début de Technovation au Cameroun en 2014. J'étais l'un des rares hommes mentors impliqués dans ce programme au Cameroun surtout dans la partie Nord du pays en proie à Boko Haram », réjouit Desire Danga.

    Gaétan Fouba Izane

    Aux portes de la Silicon Valley
    Il est juge du concours Technovation et membre du jury régional au Cameroun. Gaétan Izane travaille beaucoup dans les zones prioritaires d'éducation du Cameroun. « Les jeunes étudiants de l'Extrême-Nord, du Nord, de l'Adamaoua et de l'Est qui ont présenté leur projet d'applications mobiles étaient assez  innovateurs ». Rien n’était gagné mais le coaching a payé. « J'ai eu l'opportunité de voyager avec l'équipe finaliste pour la soutenir au niveau mondial. Ces filles ont été remarquables. Des francophones qui font le concours en anglais et arrachent la 3ème place mondiale et deviennent student Ambassador, c'est incroyable, mais vrai ». Son souhait est de voir les juges africains intégrés dans le jury de la Silicon Valley.

    Herve Koyabe Gong
    Motivateur par excellence
    « Personnellement, j'ai appris à laisser les filles exprimer leur génie librement dans les différentes  session de code. Par exemple, parfois, nous donnons aux enfants plusieurs options de choix en termes de contenu et d'outils pratiques qu'elles préféraient pour leur travail ». Ainsi parle Herve Koyabe Gong de son travail de mentor auprès de l'équipe de « Angels tech of Africa ». « J'ai appris à soutenir leurs motivations et leur volonté de réussir en leur donnant des compétences d'enseignement adapté pour combiner l'effort et le succès ». Fin pédagogue, son rôle a été déterminant pour aider les filles a à fusionner leur programme personnel avec les autres membres de l’équipes. 
    Shey Louis Chia
    Conquis par le talent des filles
     Comme ses camarades, Shey Louis Chia est membre  de l’association « Mozilla in Cameroon » qui  veut présenter les produits mozilla et favoriser l’accès aux technologies de l’information et de la communication.  Au départ, l’expert n’est pas trop emballé  à devenir mentor. Dorothée Danedjo Fouba trouvera les mots pour le convaincre. Aujourd’hui, il garde une image très positive de ce type d’expérience. « Dorothee Fouba, est une personne très sérieuse que je connais, j'ai décidé d'encourager les filles camerounaises à reproduire ce type d'impact positif dans la société. C'est avec un réel plaisir que j'ai pu humblement contribuer au succès de cette équipe », dit-il.
     

    Réalisé par Elsa Kane Njiale 

     Crédit photo : Angels tech of Africa.

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    C’est demain 21 mars que l’heureux gagnant de ce concours international sera connu

    Belle avancée pour la cuisine camerounaise. De 4 en 2016, le nombre de chefs cuisiniers sélectionnés pour Goût de France/Good France est passé à 11. Sélectionnés à Yaoundé, Douala, Kribi et Bafoussam  ils  prendront part à la 3èmeédition de la compétition le 21 mars prochain. Il s’agit d’un concours culinaire d’envergure international  organisé par le ministère français des Affaires étrangères et du Développement international en partenariat avec Alain Ducasse, chef français plusieurs fois étoilé en vu « de célébrer l’excellence de la cuisine française ». Les chefs Camerounais participent à cette grande messe culinaire à côté de 2000 restaurants, 150 ambassades et plus de 70 écoles de formation inscrits à travers l’Europe, l’Amérique, l’asien et l’Afrique. Les chefs sélectionnés cette année proposent leurs services dans des restaurants triés sur le volet par le comité d’organisation. 

    A Yaoundé, les restaurants « Cosy Pool », « Hôtel Mérina », « La Terrasse », « Le Pachy », « Munch Jazz », « Le club municipal ont été retenus.  « Le C’ », « Le Wouri » et « Starland » pour la ville de Douala et « Le Zingana » à Bafoussam et « Au plaisir du goût » pour la ville de Kribi.   D’après  le principe du concours, un diner est organisé le même jour dans plusieurs villes du monde. Les chefs dévoient  concocter un menu français composé d’un apéritif, d’une entrée, d’un ou de plusieurs plats, de fromage et d’un dessert. Nle tout à base de produits locaux.

     En effet, s’il est question de rendra « hommage à l’excellence de la cuisine française, à sa capacité d’innovation et aux valeurs qu’elle véhicule : partage, plaisir, respect du « bien-manger », de ses contemporains et de la planète », les organisateurs soulignent aussi que : « . . Les cuisiniers participants ne renoncent pas à leur propre tradition culinaire, nous leur proposons de la marier avec la cuisine française », lit-on sur le site de Goût de France/Good France.

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    Le forum régional sur le manioc a montré les opportunités de cette filière.

     

    Au Cameroun, le manioc est encore appelé « or blanc ». C’est dire la place que ce tubercule occupe dans l’économie et les habitudes alimentaires des populations. Pour Elisabeth Atangana,  présidente du la plate-forme régionale des organisations de producteurs d’Afrique centrale (Propac) : « la contribution du manioc dans la nutrition en Afrique centrale est inestimable ». Sur le plan mondial, le manioc figure au 5èmerang des principales sources alimentaires derrière le maïs, le riz, le blé et la pomme de terre. 

    Malgré ces potentialités, la culture du manioc se heurte encore à de nombreux obstacles. Notamment la faiblesse des productions nationales et l’accès difficile des petits producteurs au marché. C’est dans ce contexte que s’ouvre le forum régional sur le manioc en Afrique central. La rencontre qui regroupe le Cameroun, le Gabon, le Tchad, la République Centrafricaine et la république démocratique du Congo se tient depuis hier à l’hôtel de ville de Yaoundé. Présidé par Clémentine Ananga Messina, ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture et du développement rural, le forum est organisé par le Centre technique de coopération agricole et rurale (Cta) avec le Minader, la Propac. Le thème retenu est : « enjeux et opportunités  pour les petits producteurs ». 

     L’objectif du forum est de promouvoir les développements des chaînes de valeurs du manioc que sont les producteurs, les transformateurs et les commerçants, d’arriver au développement de la filière manioc avec l’aide du secteur privé.Il est également question de sensibiliser, de former une série d’acteur de la région Afrique centrale sur la gestion des connaissances, l’usage des tics pour la vulgarisation de la culture du manioc et la recherche des moyens innovants de financements.  
     
    Ce d’autant que les enjeux de la modernisation de la filière sont à la fois économiques et sociales. Une bonne gestion de la filière permettra de repousser le spectre de l’insécurité alimentaire.  « Ses racines constituent des sources d’énergie. Ses feuilles, un apport intéressant en protéine, vitamine, vitamines et minéraux », explique Michel Hailu, le directeur du Cta. Face aux changements climatiques menaçant les agriculteurs, le manioc offre aussi des atouts grâce à ses capacités de résistance à la sécheresse.
     Jusqu'à vendredi, les activités du forum porteront sur des thématiques comme les innovations paysannes, les financements et  gestions de risques dans la chaîne de valeur manioc, les enjeux du développement des produits notionnels à base de manioc, obstacles au commerce et harmonisation des politiques et débauchés commerciaux, la place des femmes et des jeunes dans la filière manioc. A côté de ces mini-conférences, le forum prévoit aussi des rencontres « business-to-business » pour faciliter le contact entre opérateurs privés, producteurs, transformateurs et commerciaux.
     Elsa Kane

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     Engagement.Le chanteur rend un vibrant à son fils Carl et veut provoquer une prise de conscience quant à l’ampleur de ce trouble envahissant du développement.  

    Longtemps considéré comme une maladie mentale, l’autisme demeure, mal connu du grand public. Le Dr Mbassi Awa point focal autisme à la Fondation Chantal Biya, présente cette maladie comme étant un trouble envahissant du développement (TED).  Ce trouble altère généralement les fonctions cognitives et les capacités de communication des personnes qui en sont victimes. Il apparaît dès la petite enfance et touche plus de garçons que de filles (le sex-ratio est de 4,5 garçons pour 1 fille au Cameroun. « Avec l’autisme, il y a perturbation dans le développement du langage. A 12 mois, l’enfant ne babille pas, il ne sait pas associer les mots à deux ans et ne peut pas montrer un objet à un adulte. Il ne manifeste aucun intérêt pour les jeux et les autres enfants. Avec les adultes, l’enfant victime d’autisme est totalement indifférent où alors manifeste une familiarité excessive », explique le Dr Mbassi Awa.

     C’est de cette maladie que souffre Carl, le fils de Stephan Dayas, plus connu comme Esa, son nom de chanteur. « Carl est né le 5 janvier 1999 à la maternité du Port royal à Paris. Son autisme a été diagnostiqué à l’âge de deux ans et demi », explique Stephan Dayas. Ce diagnostique précoce a permis une prise en charge rapide et la famille a dû s’organiser pour pouvoir accompagner Carl dans son traitement. « Depuis plusieurs années, la semaine de Carl est bien organisée. Nous passons trois jours l’Institut médico-éducatif, ensuite il va pendant deux jours dans une école normale où il est inscrit.  Il passe aussi deux séances d’orthophonie. A cela nous avons ajouté des cours de piano pour qui tient lieu de psychomotricité en plus du suivi dont il bénéficie déjà à l’Institut médico-éducatif », poursuit Steph l’artiste.

    Sensibilisation 

     Conscient de ce que son fils a bénéficié d’un accompagnement efficient dans un contexte où l’autisme reste une problématique dans les pays développés et comme dans les pays pauvres, Esa a mis sur pied le projet Carl. Composé par Stephan Dayas, l’hymne à l’autisme est chanté en duo avec Christal la petite sœur de Carl. Il s’agit de montrer l’autisme n’est pas irréversible. Les médecins camerounais et français insistent d’ailleurs sur l’importance du diagnostique précoce, premier pas vers une prise ne charge adaptée.  Aujourd’hui Carl est adolescent à peu près comme le autres. « Cette prise en charge lui a permis de garder son intégrité physique lui évitant ainsi l’automutilation et les crises d’épilepsie observées chez certains autistes. Elle lui apprit le langage et lui a fait perdre un tas de maniques. Elle lui a appris les bonnes manières lui permettant de se fondre dans la société », se réjouit le papa désireux de faire bouger les lignes.

     L’idée du projet est d’utiliser un vidéo-clip documentaire pour provoquer une prise de conscience et des actions en faveur de cette maladie. Par ce qu’on ne guérit pas véritablement de l’autisme. C’est un combat avec plusieurs rounds. Chaque étape est importante et tous les maillons de la chaîne doivent être associés : les parents, les médecins-chercheurs, les éducateurs, les gouvernements, etc.  Les ventes issues du ce disque permettront la mise en place d’autres activités de sensibilisation sur l’autisme au Cameroun et en France, assure Stephan Dayas.

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    Les inédits des trésors de l’Islam en Afrique


    Institut du monde arabe.Une exposition retraçant 13 siècle de pratique de l’Islam en Afrique noire à travers l’art, l’architecture et les pratiques rituels s’ouvre le 14 avril à Paris.

     Le Maghreb, le moyen orient et l’Afrique noire entretiennent des relations fortes de plus de 13 siècles. Un riche passé malheureusement peu enseignée et étudié regrette  Jack Lang  ancien ministre français de la culture et actuel président de l’Institut du monde arabe à Paris (Ima). Avec  la grande exposition pluridisciplinaire « Les Trésors de l’islam de Tombouctou à Zanzibar », l’Ima veut en levant un pan de voile sur cette page de l’histoire, montrer une autre image des  relations entre l’Afrique noire et le monde arabe.  Il s’agit aussi comme l’écrit Jack Lang à la préface du dossier de presse parvenu à notre rédaction de « réaffirmer aussi, s’il en était besoin, que l’Occident n’est pas seul à écrire l’histoire ».


    Pendant quatre mois (14 avril au 30 juillet) à Paris, le public  remontera le temps. « Les trésors de l’islam de Tombouctou à Zanzibar » explique comment par le biais des échanges commerciaux, l’islam s’est propagé  du Maroc au Sénégal, en passant par l’Ethiopie, le Kenya, le Mali, le Nigéria, la Tanzanie, le Soudan au point d’influencer les pratiques religieuses, le mode d’habitation, l’organisation sociale et alimentaire des populations de ces contrées. L’histoire nous est contée par le biais  de plus de 300 œuvres patrimoniales et contemporaines au moyen de la sculpture, la photographie, l’archéologie, l’architecture, la peinture, l’installation, de l’ethnographie, etc. L’innovation majeure  du projet est réside dans la présentation des œuvres pour la plupart inédites, « issues de collections rarement présentées » comme, les manuscrits de la bibliothèque Mamma Haidara à Tombouctou. Et encore les pièces sénoufo et dioula issues de la collection privée de Patrick Girard.


    Portraits des 17 rois Bamoun

    « L’objectif de ce projet est de déconstruire les préjugés qui ont façonné notre vision de l’histoire des relations entre le monde arabo-musulman et les pays au sud du Sahara. La colonisation européenne en Afrique subsaharienne a contribué à enraciner des représentations dont nous avons peine à nous défaire. D’autant plus que les sources locales sont lacunaires, fragmentées. Ainsi, en utilisant l’écriture comme fil conducteur, nous souhaitons interroger le principe selon lequel l’histoire en Afrique subsaharienne reposerait uniquement sur l’oralité », écrivent Nala Aloudat et Hanna Boghanim chargées de collections et  d’expositions à l’Institut du monde arabe dans le dossier de presse.



    Pour aider le public à faire ce voyage dans le temps, « Les trésors de l’Islam de Tombouctou à a Zanzibar » été conçue  comme un chemin à parcourir en trois étapes. La première plongera le visiteur dans l’Afrique du VIIIe siècle. Des Selles de chameau touareg, Fragment de tiraz,  textile brodé de fils d’or de Dongala au Soudan disent la progression de l’islam. Dans le parcours 2, l’exposition interroge l’appropriation de l’Islam par les populations qui l’ont intégrée dans leur propre tradition donnant ainsi naissance à des  cultes comme le Mouridiyya au Sénégal et une architecture typique comme le Tambeni au cœur du Delta du Niger. La troisième étape porte sur  « Les arts de l’islam au sud du Sahara » tel que  le Masque baga nalu Landuma de Guinée ou en encore les  planches des rois d’Ibrahim Njoya présentant les portraits de dix-sept rois bamum, de Nshare Yen à Njoya.

     

     Elsa Kane Njiale

     Article paru dans l'édition du quotidien camerounais Le Jour du 11 avril 2017





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    Merveille Tsang’mbe. La chanteuse du groupe Macase décédée à 30 ans de suite d’un tragique accident de moto était aussi  épouse et sœur de musiciens. 

    Au quartier Eleveur à Yaoundé, le domicile de la défunte ne désemplit pas. Depuis l’annonce de  sa disparition, la famille, les amis et les connaissances arrivent de partout, à toute heure  pour adresser leurs condoléances. Au milieu, Yves Matolo Makondo, le jeune veuf déjà  vêtu de noir affiche une barbe de 2 jours et des yeux hagards. Malgré la douleur, il veut tenir le coup et répondre à tous ceux qui lui demandent d’une voix larmoyante si c’est vrai que « leur petite Merveille est bien partie ».

     Dans la concession entourée d’un petit champ de maïs, un silence se fait lorsqu’il faut évoquer les circonstances de la mort de la chanteuse. Ce vendredi là, elle tenait à aller encourager une autre jeune chanteuse, Valdez Mbang qui depuis son sacre au concours Mutzig star en 2015, travaille pour se construire une belle carrière. Ce soir là à 20h, Valdez Mbang donnait un concert dans cabaret du carrefour Jamot, raconte son époux. Comme la plupart des habitants du coin, Merveille Tsang’mbe a emprunté une moto. Ngousso est l’un des quartiers les plus densément peuplé de Yaoundé. A cause d’interminables bouchons, les taxis rechignent de plus en plus à s’y aventurer surtout aux heures de pointe. « Assise derrière une mot, Merveille a vu venir une situation dangereuse et a sauté  de la moto. Malheureusement elle est tombée sous les roues d’une voiture ».

    La douceur d’unevoix

    « Une fin tragique pour une personne si douce, si discrète », est ému le manager et promoteur culturel Tony Mefe en apprenant la nouvelle. «Douce ». Le qualitatif revient régulièrement dans les propos des artistes lorsqu’il faut décrire cette chanteuse dont le teint était d’un noir d’ébène.  C’est cette pureté qui, 5 ans plutôt, avait séduit le très méticuleux guitariste Serges Maboma alors à la recherche de nouvelles  pépites pour une nouvelle dimension au Macase après le départ de 5 des 7 membres fondateurs du groupe Corry Denguemo, Blick Bassy, Henri Okala, Ruben Binam, etc.

     A côté de Sandrine Nnanga, Léonie Langa, Merveille Tsang’mbé trouve très vite sa place du groupe promoteur du « bantou groove ». Elles forment ce que la critique et  le monde de la musique surnomment très vite « Les trois vierges ». Leurs voix est un pur régal, leur complicité contribuent au succès de la nouvelle écriture de Macase. Après le départ de Léonie Langa  vers ses rêves d’une carrière solo, Sandrine Nnanga, Merveille Tsang’mbé ont continué l’aventure. Plus complice que jamais. Les voyages se sont enchainés, Allemagne, Côte-d’Ivoire. « C’était une personne vraiment attachante. C’est elle a posé sa voix sur le générique de mon émission. Le grand bonjour sur Afrika 2 radio », raconté émue le journaliste Eric Fopoussi. Maquilleuse de talent, Merveille prenait volontiers le pinceau pour ces amies chanteuses comme Taty Eyong. 
    Yves Matolo Makondo, le coup est dur. Il n’a pas seulement perdu une épouse mais aussi une collègue avec qui il partageait l’amour de la musique et nourrissait de projet. « On travaillait beaucoup en semble. D’ailleurs en mai quelques jours avant son anniversaire le 25 mai, nous avons accompagné son frère le chanteur David Baliaba Baliaba. Elle, au chant et moi à la guitare », confie le chanteur de gospel plus connu  comme Yves Lévite, son nom de scène. C’est le 8 juin 2013 qu’ils ont convolé en juste noce. De leur amour est née deux adorables gamines de 4 et 2 ans sur lesquelles il devra désormais veiller seul. En attendant, il regarde, « Tchelly » l’un des titres de la chanteuse. Il résume ce en quoi elle croyait, l’amour et la vie de famille, et la musique. Sa vie était une chanson.    
                   
     Elsa Kane                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        

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     En trois albums solo,BlickBassy a inscrit son nom sur la liste des artistes africains les plus côté de la world music. En 2016 il publie « Le Moabi Cinéma » couronné d’un Grand prix littéraire d’Afrique Noire. Prix qu’il a reçu  le  28 Mars en présence du ministre des Arts et de la culture. Malgré un agenda surchargé, il a accepté de répondre à nos questions.


    Vous avez reçu le -rand prix littéraire d’Afrique noire. Comment avez-vous appris la nouvelle et quels sont  les sentiments qui vous animent ?
     
    C’est mon éditeur qui me l’a annoncé. J’ai été surpris car le coup de fil m’a trouvé en plein vocalise, l’esprit totalement concentré sur autre chose. Il m’a fallu quelques minutes pour réaliser l’importance de cette nouvelle qui venait donner un coup d’éclat à ma journée qui commençait tranquillement, suivant son rituel quotidien.
    Votre livre est sorti en 2016 et traite de la question d’immigration. Le thème est récurrent dans la littérature. Qu’est-ce qui  selon vous a militer en sa faveur ?  
    Le livre est sorti en 2016, et le Grand Prix est donc celui de 2016 car la sortie du livre précède l'événement d’un an. Je pense que dans la littérature ou ailleurs, personne n’invente un thème, c’est le traitement, la vision et l’approche de chaque auteur qui fait la différence, à cela peut s’ajouter le style, et donc la forme puis le fond bien sûr. Au-delà de son traitement original, je pense il y a surtout le fond, car le fil reste que autour de la mobilité, mais en périphérie je traite d’autres maux de notre société globale ou beaucoup de concepts philosophiques sont instrumentalisés par ceux la même qui sont censés être les garants d’un équilibre et d’une stabilité de notre société.


    .Pouvez-vous pour nos lecteurs présentez  brièvement Le« Moabi cinéma » ?
    Le Moabi Cinéma est l’histoire de 5 jeunes camerounais, Boum Bibom, Kamga, Obama, Simonobisick et Google + , qui , après leurs études secondaires rêvent tous de s’expatrier, à la quête d’une vie meilleur, jusqu’au jour ou, lors d' un match de foot dans leur quartier, le ballon va atterrir dans la petite forêt attenant le terrain de foot. Le personnage principal, Boum Biboum , sous la pression du grand frère du quartier, Yap, va donc à la recherche du ballon et va découvrir un Moabi géant caché sous une clairière  et protégé par l’armée du Cameroun. En se rapprochant de l’arbre géant, il va découvrir que celui-ci possède un écran géant naturel encastré dans son ventre et diffuse des images réelles et sans filtre de la réalité en occident. Découverte qui viendra alors bouleverser les plans des 5 copains. Que vont-ils découvrir? Vont-ils toujours partir? La suite dans « Le Moabi Cinéma ».

    De l’écriture musical à l’écriture romanesque il y a un pas que vous n avez pas hésité à franchir. Cela été une exercice facile pour vous?
    J’avoue que le fait d’être déjà auteur de mes chansons m’a un petit peu facilité la tache car ma mémoire étant déjà habituée aux jeux de mots. Je suis aussi passionné d’écriture et de lecture, il m’a presque qu’été évident de passer à l’écriture, dans le sens de mener un projet d’écriture du début à la fin.

    Maintenant que vous êtes entré par la grande porte dans le landernau littéraire africain, quels sont vos projets en littérature ?
    Je travail sur petit livre de conte illustré  pour enfant et je suis déjà sur un deuxième roman.
    Musique, littérature, cinéma, vous êtes décidément un artiste pluriel ?
    Mon roman comme par ceci: « comment être soi dans une société ou la notion de singularité est brouillée dès notre naissance. « Tu es pluriel, assume-le et tu découvriras tes différentes facettes » disait mon père.
    Propos recueillis par Elsa Kane 



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